Fondé au VIe siècle par le moine syrien David Garejeli, l'un des treize pères assyriens à qui l'on doit la propagation du christianisme à travers le Caucase, le complexe s'est développé en un réseau de dix-neuf monastères abritant jusqu'à six mille moines au XIIIe siècle. L'ensemble principal s'étend sur deux territoires : le monastère de Lavra se situe sur le versant géorgien, tandis que le monastère d'Udabno chevauche la frontière non marquée, ses grottes ornées de fresques étant visibles depuis les deux nations.
Le site a survécu aux raids mongols, aux campagnes perses et à l'abandon soviétique. L'artillerie soviétique a utilisé les fresques pour s'exercer au tir dans les années 1980, laissant des cicatrices de balles sur des portraits du Christ et de la Vierge datant du IXe siècle. Après l'indépendance en 1991, les négociations frontalières entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan ont laissé le statut de plusieurs groupes de grottes irrésolu. Les moines sont retournés à Lavra au milieu des années 1990, restaurant des cellules et des routines liturgiques interrompues pendant soixante-dix ans. La crête reste une destination de pèlerinage lors des fêtes orthodoxes, lorsque les processions grimpent le sentier en lacets à l'aube.
Le monastère de Lavra préserve des réfectoires, un clocher reconstruit au XIXe siècle et la tombe troglodyte de Saint David, marquée par une dalle de pierre et des bougies perpétuelles. Une ascension raide depuis Lavra mène à Udabno, où des chambres creusées dans la roche présentent des fresques datées entre le IXe et le XIIIe siècle. Les pigments dérivés d'ocre, de malachite et de charbon représentent des scènes bibliques et des portraits de donateurs de la royauté géorgienne. L'iconographie suit les conventions byzantines, avec des silhouettes allongées et des halos à la feuille d'or, bien que les artisans locaux aient introduit des traits et des costumes caucasiens. Le sentier entre les monastères traverse des crêtes exposées où nichent des vautours percnoptères et où l'herbe de la steppe se courbe sous les vents secs. Les températures estivales dépassent les trente-huit degrés Celsius ; le brouillard hivernal obscurcit les balisages du sentier.
Le paysage entourant les monastères fait partie du plateau d'Iori, une zone de transition entre les contreforts du Caucase et la plaine de Shiraki. L'érosion a sculpté la roche tendre en badlands, créant des formations qui changent de couleur, de l'ocre au violet, selon la lumière du soleil et la saison. L'écologie soutient une végétation clairsemée : amandiers sauvages, stipa et espèces endémiques adaptées aux sols alcalins. Les bergers font paître leurs troupeaux sur le plateau au printemps, suivant des routes de transhumance inchangées depuis l'époque médiévale. L'absence de routes pavées et d'infrastructures commerciales a préservé l'isolement du site, bien que le nombre de visiteurs ait augmenté depuis que les voyagistes ont commencé à proposer des excursions d'une journée au départ de Tbilissi au début des années 2000.